Holà,
Après les cartes contrastées, nous poursuivons doucement notre chemin dans les premières découvertes visuelles de bébé.
Durant les premiers mois, son regard s’est progressivement affiné. Nous sommes partis de formes géométriques en noir et blanc, puis de silhouettes reconnaissables, avant d’introduire quelques couleurs dans la troisième série.
Avec les Premières Images, nous franchissons une nouvelle étape.
Cette fois, les sujets apparaissent dans leurs couleurs, avec davantage de volumes, tout en conservant volontairement des illustrations simples et épurées.
Un seul sujet, un fond blanc, peu de détails : juste ce qu’il faut pour observer, reconnaître et, progressivement, mettre du sens sur ce que l’on voit.
À ce stade, l’image n’est progressivement plus seulement quelque chose que bébé regarde.
Elle devient une représentation de quelque chose qu’il peut rencontrer dans le monde réel.
Une balle dessinée n’est pas la balle qu’il manipule. Un poisson représenté sur une carte n’est pas le poisson qu’il peut observer dans un aquarium. Pourtant, peu à peu, l’enfant comprend qu’ils représentent la même chose.
Ces premières images vont ainsi nous permettre d'accompagner :
- l’observation et la discrimination visuelle ;
- la reconnaissance d’un même élément sous différentes représentations ;
- le développement du vocabulaire ;
- la compréhension du lien entre image et réalité ;
- puis progressivement la désignation et la verbalisation.
Il ne s’agit évidemment pas d’« apprendre » une série d’images à bébé. Le support accompagne simplement des compétences qui se construisent peu à peu, au rythme de chaque enfant.
J’ai choisi de reprendre dans cette série une grande partie des sujets déjà rencontrés dans les séries 2 et 3 des cartes contrastées. Et ce choix est volontaire.
Le poisson, l’oiseau, la coccinelle ou encore le ballon que bébé connaissait sous une représentation très contrastée réapparaissent maintenant sous une forme différente, en couleurs et plus proche de leur apparence réelle.
Cela me permet de ne pas passer brutalement d’un matériel à un autre, mais de créer une véritable passerelle entre les deux; tout en ajoutant progressivement de nouveaux sujets.
Aux alentours de 6 mois (pour donner un repère mais toujours en fonction de l’évolution de l’enfant), lorsque nous avons terminé la troisième série des cartes contrastées, je ne range pas immédiatement celles-ci pour sortir un nouveau matériel.
Je commence par faire cohabiter les deux.
Je place par exemple la carte contrastée du poisson à côté de sa version dans les Premières Images. Et au départ, je ne demande rien. Je ne nomme pas forcément, je ne montre pas les ressemblances et je ne cherche pas à obtenir une réaction particulière. Je laisse simplement l’enfant observer.
Les deux images sont différentes et pourtant, quelque chose les relie.
L’enfant peut commencer à repérer des similitudes de forme, de silhouette ou certains éléments caractéristiques. Sans lui proposer encore un véritable exercice, nous commençons déjà à travailler très doucement la discrimination visuelle et la capacité à reconnaître un même sujet représenté différemment.
Puis, progressivement... Lorsque cette première phase d'observation a été suffisamment explorée, j'introduis les cartes seules. Cette fois, je les présente une à une et je les nomme simplement : « Un poisson. » « Une balle. » « Une cuillère. »
Puis vient une étape que j'aime particulièrement : faire le lien avec le réel.
- Une vraie cuillère avec l'image de la cuillère.
- Une balle avec la carte de la balle.
- Une chaussure avec l'image de la chaussure.
L'enfant découvre progressivement qu'un objet réel peut être représenté par une image et que tous deux portent le même nom.
Et seulement plus tard, lorsque les images et leur vocabulaire seront devenus familiers, je pourrai lui proposer de devenir véritablement acteur : retrouver, associer, choisir, discriminer.
Ces Premières Images ont volontairement été pensées comme un matériel de transition.
Elles font le lien entre les premières expériences visuelles et les supports que nous utiliserons plus tard pour développer davantage le langage, la discrimination et la catégorisation.
La prochaine étape langagière sera donc notre Premier Imagier. Cette fois, nous quitterons progressivement l'illustration pour des représentations plus réalistes et nous ferons apparaître sous l'image un nouvel élément : le mot écrit.
Mais là encore, sans brûler les étapes.
Car avant de lire le monde, l'enfant a d'abord besoin de le regarder, le manipuler, le reconnaître et le nommer.
♡ Chaque nouvelle représentation enrichit ce qu'il connaît déjà.
♡ Et petit à petit, les images prennent sens.